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INTRODUCTION
Des changements notables sont intervenus en Afrique de l'ouest
depuis la signature, le 25 mai 1975 du Traité de la CEDEAO1, tout
comme l'environnement extérieur a considérablement évolué. La
célébration cette année du 25ème anniversaire de la Communauté
est une occasion de passer en revue le processus d'intégration dans
le cadre de la CEDEAO. Le présent document est une contribution du
Secrétariat exécutif à l'étude du bilan et des perspectives de
la CEDEAO.
La vision
qu'avaient eue les pères fondateurs au moment de la création de la
CEDEAO était celle d'une auto-suffisance collective, à travers
l'intégration des seize pays de l'Afrique de l'ouest en un ensemble
économique doté d'un marché unique organisé autour d'une union
économique et monétaire. Cette préoccupation est née de la prise
de conscience que les marchés intérieurs des Etats membres pris
individuellement, en raison de leur étroitesse, étaient loin
d'être compétitifs, dans un environnement mondial marqué par
l'existence de grands blocs commerciaux.
L'objectif
global de la CEDEAO est de promouvoir la coopération et
l'intégration en vue de la création d'une union économique et
monétaire pour favoriser la croissance économique et le
développement de l'Afrique de l'ouest. Pour y arriver, il est
envisagé :
la suppression
des droits de douane et des taxes d'effets équivalents ;
l'établissement
d'un tarif extérieur commun ;
l'harmonisation
des politiques économiques et financières ;
la création
d'une zone monétaire.
Devant la
lenteur des progrès enregistrés par la CEDEAO, le traité de 1975
a été revisé. Les principes de la supranationalité dans
l'application des décisions et du financement autonome des budgets
des institutions ont été introduits. En outre, il a été
envisagé la création d'institutions supranationales de contrôle
et d'arbitrage de l'application des décisions : cour de justice,
parlement et conseil économique et social.
Malgré les
difficultés, la CEDEAO a enregistré des progrès importants en
matière de circulation des personnes ; de construction des routes
régionales (inter-états), de développement des liaisons de
télécommunications entre les Etats et de maintien de la paix et la
sécurité régionales. C'est dans le domaine de l'intégration des
marchés que les efforts de la Communauté ont été les plus
frustrants. En effet, le schéma de libéralisation des échanges
n'est pas encore opérationnel comme le reflète la faiblesse du
commerce intra-régional qui n'est que de 11 % par rapport au
commerce avec les pays-tiers. En outre, le tarif extérieur commun
de la CEDEAO n'a pas encore vu le jour et les politiques
économiques et financières ne sont pas harmonisées bien qu'un
cadre ait été défini.
Les problèmes
rencontrés par la CEDEAO pour renforcer le processus d'intégration
régionale en Afrique de l'ouest sont nombreux. Parmi les plus
importants, on peut citer l'instabilité politique et la mauvaise
gouvernance qui ont marqué l'histoire de nombreux pays, la
faiblesse et la diversification insuffisante des économies
nationales, l'absence d'infrastructures fiables de routes, de
télécommunications et d'énergie, la volonté politique
insuffisante manifestée par certains Etats membres, des mauvaises
politiques économiques dans certains cas, la multiplicité de
nombreuses organisations d'intégration régionales qui concourent
aux mêmes objectifs, le paiement irrégulier des contributions
financières aux budgets des institutions, la non implication de la
société civile, du secteur privé et des mouvements de masse dans
le processus d'intégration, des mécanismes d'intégration
défectueux dans certains cas.
Si, dans
l'ensemble, les résultats des efforts d'intégration déployés en
Afrique de l'ouest dans le cadre de la CEDEAO ont, comme on l'a
déjà souligné, été nettement en deçà des attentes, il y a des
signes prometteurs qui ouvrent la voie à des meilleures
perspectives. On constate que les événements intervenus
dernièrement dans l'ensemble du paysage politique et économique
ouest africain ont contribué à lever progressivement les
principaux obstacles à l'intégration. Au nombre de ces
événements, on peut citer :
l'avènement de la démocratie
dans la plupart des pays de la CEDEAO et particulièrement au
Nigéria qui est
l'économie dominante
en Afrique de l'ouest ;
le désengagement progressif de
l'Etat des secteurs
d'activité productifs, et la prise
de conscience du fait que le secteur privé doit être le moteur de
la croissance et de l'intégration économique ;
l'adoption de la stratégie
d'accélération du processus d'intégration de la CEDEAO en vue de
la création d'un marché régional unique fondé sur la
libéralisation des échanges, l'établissement d'un tarif
extérieur commun et l'harmonisation des politiques économiques et
financières ;
la reconnaissance de la
pertinence de l'approchedifférenciée dans la marche vers
l'intégration avec
l'initiative des pays
non UEMOA de créer une deuxième zone monétaire en Afrique de
l'ouest qui fusionnera avec la zone UEMOA pour donner naissance à
la zone monétaire unique CEDEAO en l'an 2004 ;
l'harmonisation des programmes
de la CEDEAO et de l'UEMOA dans le cadre de l'accélération du
processus d'intégration en Afrique de l'ouest ;
la libéralisation des marchés
nationaux et du commerce extérieur, qui ont résulté des
programmes d'ajustement et de réforme, et qui contribuent à une
certaine convergence dans les politiques macro-économiques ;
le défi commun que constitue
la création de blocs
commerciaux dans d'autres régions du
monde, et la mondialisation qui risquent de marginaliser l'Afrique ;
ce qui entraîne la nécessité d'accélérer la transition vers un
développement autofinancé et autonome dans le cadre de
l'intégration africaine ; et
la
restructuration du Secrétariat exécutif et du Fonds de la CEDEAO
dans le cadre de l'amélioration de leurs procédures
opérationnelles.
Les Etats membres de la CEDEAO
doivent prendre appui sur ces perspectives pour renforcer le
processus d'intégration régionale et relever les défis de
développement du 21ème siècle.
Le document
comprend deux chapitres et des annexes. Le Chapitre I porte sur les
réalisations de la CEDEAO et le deuxième chapitre est relatif aux
perspectives et au cadre de développement de la Communauté. Les
annexes présentent l'état d'exécution pays par pays des
programmes d'intégration de la CEDEAO. |